Dua Lipa.

La nouvelle princesse de la pop anglaise.

Souvenez-vous, c’était à l’automne 2015. Une voix soul, un beat de synthé au groove entêtant et une mélodie de pop acidulée qui donne envie de s’abandonner sur une plage de sable fin… Vous ne connaissez peut-être pas le titre exact de cette chanson, ni même l’artiste qui l’interprète, mais vous l’avez sûrement déjà entendu sur les ondes ou dans un bar parisien branché. Le simple fait d’entendre les premiers accords du morceau vous donne ce réflexe incontrôlable propre à tout adepte de musique : « Ah mais oui, je connais ! ».

Et pour cause. Be the one est l’un des morceaux de Dua Lipa, une jeune chanteuse britannique au joli minois. Ce titre, que j’ai moi-même découvert fin 2015, a rythmé mon été et m’a fait découvrir une chanteuse au talent incontestable, selon moi une future (très) grande artiste de la scène pop. Retenez bien son nom, car vous risquez d’en entendre parler dans les prochains mois, surtout à l’approche de la sortie mondiale de son album prévue en juin prochain (oui, je trépigne d’impatience comme une enfant à la veille de Noël). Actuellement, elle se fait connaître grâce à sa collaboration sur l’un des derniers morceaux de Sean Paul, No Lie. Un vrai tube qui va, je pense, rapidement conquérir les charts et permettre à Dua Lipa de s’assurer une renommée internationale.

Dua Lipa, c’est avant tout une voix. Une voix à la fois suave et rauque, un timbre légèrement cassé qui fait penser à celui d’une rockeuse addict aux substances illicites. Pour moi, Dua Lipa fait partie de la famille privilégiée des « artistes à voix », ces fameuses artistes qui ont la chance d’avoir un organe aussi intense et singulier qu’un instrument de musique. Parmi ces dignes héritières d’Amy Winehouse qui se distinguent par leur timbre éraillé et puissant, on compte Selah Sue, Florence Welch (du groupe Florence + The Machine), Adele, Duffy, Lana Del Rey, ou, pour les moins connues, Ella Eyre (voir l’article que j’ai écrit sur elle ici). En plus de ce timbre particulier reconnaissable entre mille, Dua Lipa possède un groove et un sens du rythme qui rendent ses morceaux entraînants, même si certaines mélodies sont parfois un brin mélancolique et les textes souvent sombres. Dès la première écoute, on est comme happé par son « flow » à la croisée de la soul et du hip-hop.

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Dua Lipa, c’est aussi un style. Avec ses pauses d’ingénue et son charme naturel (Lana Del Rey n’a qu’à bien se tenir), elle perce l’écran à chacune de ses apparitions, notamment dans les mises en scène de ses clips. Son expérience dans le mannequinat y est sûrement pour beaucoup. Ses tenues inspirent la sensualité, sans jamais plonger dans la vulgarité. Elle se distingue par un style à la fois hipster et rock, des colliers ras-du-cou, des tops serrés et légèrement transparents et de longues vestes amples. Dans ses clips, la scénographie est toujours subtilement travaillée et on note un univers visuel déjà bien affirmé. Les images nous font voyager dans des lieux atypiques, mais on y retrouve toujours la fragilité et la sensibilité de la chanteuse, qui qualifie d’ailleurs son style musical comme de la « pop sombre ». Mention spéciale au clip de Last Dance qui nous transporte dans un décor de nature sauvage où la chanteuse crie son amour tout en enchaînant les séquences dans un univers coloré et psychédélique. L’amour, c’est d’ailleurs le thème principal des chansons de Dua Lipa. Dès son premier single intitulé New Love, la chanteuse nous plonge dans la complexité du sentiment amoureux en racontant l’histoire d’une relation épuisée et la nécessité de se reconstruire après une rupture douloureuse. Elle explore avec mélancolie l’angle de la fidélité dans Be the one, dévoile une véritable ode à la passion amoureuse dans Last Dance et décrit les effets d’une attraction physique irrésistible dans Hotter than hell. Autant d’éléments qui laissent penser que Dua Lipa trouve son inspiration dans l’Amour (avec un grand « A »).

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À seulement 21 ans, Dua Lipa possède déjà des textes profonds et une identité musicale singulière. Née au Royaume-Uni de parents kosovars et albanais, c’est à l’âge de 15 ans qu’elle a commencé la musique en publiant quelques chansons sur YouTube. Ses vidéos lui ont permises d’être repérée par Emile Haynie, le manager de Lana Del Rey. Persuadés de voir en Dua Lipa un futur grand nom de la scène pop, d’autres producteurs dont Rodney Jerkins (Aaliyah, Michael Jackson) et Andrew Wyatt (Charli XCX) se sont bousculés pour participer à l’élaboration de son premier album. Son talent a même été remarqué par certains artistes, ce qui lui vaut de belles collaborations notamment avec Sean Paul et Martin Garrix. Inspirée par des artistes comme Christina Aguilera, Nelly Furtado ou encore Pink, Dua Lipa s’annonce être la prochaine alliée de nos soirées avec ses titres electro-pop parfaitement taillés pour le dancefloor. Récompensée début 2017 aux European Border Breakers Awards, elle commence à recevoir peu à peu les faveurs et l’intérêt du public. Une ascension méritée qui ne fait que commencer.

Mes coups de coeur 

Sources :
Article ELLE Magazine, 28/02/2016

– Odelia – 

Abra(cadabra).

Abra, la nouvelle étoile montante du R&B.

Détrompez-vous, je ne m’apprête pas à vous présenter un Pokémon (pour ceux qui n’auraient pas compris la référence, je vous invite à taper « Abra » sur Google, cela vous fera sourire), mais la nouvelle pépite du R&B contemporain. J’ai nommé Abra, de son vrai prénom Gabrielle, à l’origine d’un univers sonore et visuel enivrant et avant-gardiste que j’ai découvert le mois dernier en vagabondant sur YouTube. Son dernier EP intitulé Princess est sorti il y a quelques semaines et celui-ci s’est déjà fait largement connaître (et reconnaître) aux États-Unis. Cumulant des millions de vues sur YouTube, la chanteuse commence à faire parler d’elle outre-Atlantique. Le magazine féminin Elle lui a même consacré un article le 29 juillet. Signée par le label Awful Records, Abra dévoile un univers singulier et créatif mêlant R&B, pop et soul, le tout rythmé par des beats electro des années 1980. Un savoureux mélange qui donne des mélodies à la fois douces et puissantes, un brin mélancoliques et psychédéliques, sur lesquelles on a envie de se déhancher au ralenti les yeux fermés…

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Élevée à Londres dans une famille de pasteurs, Abra débarque à l’âge de 8 ans à Atlanta. Son éducation très stricte et religieuse a rendu difficile son intégration au lycée et c’est pour oublier ce sentiment d’exclusion qu’elle s’est réfugiée dans la musique. Très vite, notamment sur YouTube et Twitter, elle se fait remarquer grâce à des reprises acoustiques de morceaux hip-hop, dévoilant une voix claire et vulnérable, mais aussi profonde et intense. Grâce au monde virtuel et aux possibilités créatives d’Internet, elle travaille son univers, expérimente des sons et arrive à se forger son identité artistique sans la pression habituelle de l’industrie musicale. Accompagnée de son laptop, elle réalise ses morceaux en intégralité de leur conception à leur production. C’est en 2014 qu’elle intègre le label Awful Records dirigé par le rappeur Father. Dans ce milieu masculin où règnent les rappeurs, Abra arrive à exprimer sa musique et à approfondir son projet artistique. Elle n’hésite d’ailleurs pas à remercier son label, dans lequel elle s’est imposée comme l’unique artiste féminine : « Ils m’ont donné un contexte dans lequel exister ».

Après son premier album, l’enivrant Rose sorti en juin 2015, Abra revient avec Princess sur lequel on retrouve les excellents morceaux Crybaby et Come 4 Me. Dans la lignée de sa première réalisation, on y retrouve les sonorités singulières des années 1980 qui marquent l’empreinte musicale d’Abra : « La musique des années 1980 et 1990 me rappelle une époque à laquelle je me sentais bien, donc j’essaie naturellement d’en injecter dans ma musique… ». Influencée par des artistes pop dont Justin Timberlake et Aaliyah (à qui on lui prête d’ailleurs une ressemblance troublante), Abra trouve également l’inspiration dans la musique punk et rock des années 1990. Ajoutez-y les musiques religieuses que ses parents lui faisaient écouter lorsqu’elle était petite, et vous aurez la définition de la musique d’Abra : une sorte de mixte entre l’electro, le jazz, le funk, le rock et le R&B. Avec une musique hétérogène, son apparence aussi dark que sexy et ses attitudes à la fois innocentes et rebelles, Abra a déjà tout d’une grande.

J’admire les artistes qui arrivent à inventer la musique ou plutôt à la réinventer. Ceux qui me font découvrir des sons que l’on n’a pas l’habitude d’entendre sur les ondes. Ceux qui prennent des risques et qui s’affirment en dehors des normes commerciales. Abra fait partie de ces artistes-là. Son style est unique et inimitable, et je pense que l’on entendra beaucoup parler d’elle dans les années à venir. Écouter Abra, c’est un peu comme si l’on décidait de tripper naturellement. Vous êtes clean, mais l’effet est aussi fort que sous l’emprise d’une drogue. C’est un peu comme si vous marquiez « pause » dans votre quotidien et que vous vous laissiez planer vers des contrées lointaines inconnues : vous ne savez pas où vous allez, mais le voyage vous transcende et c’est tout ce qui importe. Ne résistez pas, écoutez et laissez-vous aller… La magie « abracadabrante » ne fait que commencer.

À écouter ♫ BLQ VELVET / Rose / Princess

Sources :

– Odelia – 

Ella, elle l’a.

« Dry your eyes Mr. Wise Guy. »

C’était en 1987. Souvenez-vous, cette voix claire et enchanteresse qui résonnait sur le refrain entêtant de « Ella, elle l’a ». Ne vous cachez pas derrière cette mine innocente, je sais que vous fredonner cette chanson à l’abri des oreilles indiscrètes… Interprété par France Gall et composé par Michel Berger, ce morceau est un hommage à la chanteuse de jazz Ella Fitzgerald. Sept ans après le succès fulgurant du morceau de France Gall, une nouvelle référence à la déesse du jazz fait son apparition, cette fois en chair et en os.

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Née le 1er avril 1994 dans le quartier de Camden à Londres, Ella McMahon descend d’un père maltais et d’une mère anglaise. Ce savoureux mélange d’origines lui donnera une voix atypique qui ne tardera pas à résonner sur les ondes. Baptisée comme le titre de France Gall en référence à la célèbre Mrs. Fitzgerald, Ella MacMahon est fille unique. Elle grandit aux côtés de sa mère, créatrice de vêtements. Nageuse de compétition, elle se prédisposait au milieu sportif. Mais suite à une blessure à l’épaule, elle a été contrainte de quitter cette voie. C’est alors qu’elle se tourne vers la musique et intègre la célèbre BRIT School qui a révélé des talents comme Adele et Jessie J. Au sein de la section Art et Technologie, Ella s’épanouit et découvre le chant et le théâtre. Elle participe notamment à plusieurs comédies musicales. En 2011, son coach vocal la met en relation avec un manager. Ella commence à écrire des chansons et se choisit son nom de scène. Ce sera la naissance d’Ella Eyre.

En 2012, elle signe chez Virgin EMI Records pour son premier EP. Influencée par des artistes comme Amy Winehouse, à qui je lui prête d’ailleurs une ressemblance vocale assez frappante, Ella Eyre trouve également l’inspiration auprès de Lauryn Hill ou encore du groupe Gnarls Barkley, dont elle a repris le morceau Going On. Ella Eyre a fait du lion l’emblème de son projet musical. Ce symbole noble et puissant correspond parfaitement à la jeune femme qui délivre des prestation scéniques pleines de fougue, de poigne et d’authenticité. Le lancement de sa carrière solo est marqué par la sortie de son premier single Deeper en décembre 2013. En septembre 2014 sort son deuxième EP, rythmé par des sonorités soul et funk. Le morceau Comeback dévoile sa voix puissante et langoureuse. En parallèle, Ella Eyre se fait connaître grâce à des collaborations avec des artistes de renom, dont Rudimental, Bastille et Wiz Khalifa. Plus récemment elle a collaboré avec le DJ anglais DJ Fresh sur son morceau Gravity. Très bien accueilli par le public, Gravity se place déjà en 3ème position des téléchargements sur iTunes. De quoi propulser la jeune chanteuse sur la scène internationale.

Une reconnaissance internationale qui serait selon moi plus que méritée. Avec sa tignasse sauvage à la Tina Turner et son look de hippie-bohème chic, Ella Eyre, du haut de ses 20 ans, dévoile un univers à la fois explosif et intimiste où se mêle des sonorités soul, funk et hip-hop. Son timbre de voix ressemble typiquement à celui des grandes chanteuses afro-américaines. Sur scène, elle déverse une intensité vocale qui nous capte dès les premières notes. Ses gestes donnent l’impression qu’elle est possédée par ce qu’elle chante. Une sorte d’état de transe, comme celle vécue par certains chanteurs de gospel. Une authenticité qui donne à sa voix des tonalités parfois rocailleuses et déchirantes, mais toujours subtiles et nuancées. Je ne me lasse pas de l’entraînant morceau Comeback et de son refrain enivrant sur lequel on a envie de tournoyer et de sauter… Un véritable défouloir musical qui donne la pêche, malgré le sujet plutôt sombre du texte qui décrit la peine récurrente d’une rupture amoureuse. Si Ella chante à plein poumons sur ce titre, elle délivre aussi des morceaux plus en retenue, qui font ressortir sa sensualité. C’est le cas de Bullet for you et de Deeper. Ses titres ont inspiré des remixes house aux tempos entraînants qui nous font progressivement quitter le sol et délicieusement planer. Je pense notamment à la version de Comeback par Ruff Loaderz qui devrait s’imposer sur nos dancefloors d’ici peu.

Dans la lignée de Gnarls Barkley et Janelle Monáe, Ella Eyre est une étoile montante du paysage « neo soul ». Si vous aimez les voix d’Amy Winehouse ou de Joss Stone, vous succomberez au petit bijou sonore qu’est Ella Eyre. Et croyez-moi, vous risquez de le porter souvent à vos oreilles… Récompensée récemment en tant que Best Newcomer aux MOBO Awards 2014, Ella Eyre a certainement un bel avenir devant elle. Pour moi il n’y a pas de doute, ce « je ne sais quoi », elle l’a, Ella.

– Odelia –