Quand Mr. Grey fait son avant-première.

Cinquante nuances de Grey au cinéma :

une soirée pas comme les autres.

Après avoir décortiqué l’effet littéraire de Cinquante nuances de Grey, j’ai été touchée de plein fouet par une envie dévorante. Celle de me rendre au cinéma et de me lancer dans une analyse comparative entre l’oeuvre littéraire et l’oeuvre cinématographique. Suite aux bande-annonces captivantes dévoilées sur le net et la polémique grandissante autour du film, je trépignais d’impatience à l’idée de découvrir l’adaptation sur grand écran du sulfureux roman. Comme vous toutes, le décompte des jours avant ma venue au cinéma m’a paru être un lent supplice. Afin de marquer l’événement, j’ai décidé de sortir le grand jeu et de participer à l’une des fameuses « Soirée filles » organisée au Grand Rex à Paris, à l’occasion de la sortie du film et de la Saint-Valentin. Au menu, pré-soirée avec animations et espaces découvertes au Rex Club, suivi de la projection du film dans l’une des salles du cinéma. Tout ça, entre nanas.

Vendredi 13 février, 18h00, 2ème arrondissement de Paris. Je me rends au Rex Club avec quelques copines. Une fois équipées de nos magnifiques bracelets jaunes VIP, nous descendons dans le sous-sol du club, attirées par le son pénétrant de la musique. L’endroit est sombre et intriguant. En bas des escaliers, une jeune femme m’accueille avec un large sourire et me remet un petit sac noir contenant des goodies, divers prospectus sur le BDSM et un ticket de participation à un tirage au sort. La soirée s’annonce bien. Nous entrons dans la salle. L’endroit est plutôt cosy, mais le décor annonce le ton particulier de la soirée. Tout autour de la salle sont disposés des fauteuils et des tables basses. Sur les murs, on peut apercevoir des affiches sensuelles représentant des scènes érotiques en noir et blanc. Le tout dans une ambiance tamisée. Mon attention est frappée par le nombre de filles présentes et surtout leur diversité d’âge et d’apparence physique. Le champagne coule à flot et le DJ enchaîne les morceaux, très bien choisis à mon goût. Mais à ma grande surprise, aucune fille ne se déhanche sur le dancefloor. Et pour cause. L’attention de chacune est captivée par un spectacle bien plus original, les reproductions grandeur nature de scènes BDSM. Étonnée mais curieuse, me voilà propulsée dans une soirée érotique où les démonstrations BDSM vont de bon train.

Sur la gauche, un couple s’adonne à des acrobaties au moyen de cordes. Le silence règne autour de ces deux personnes qui semblent imperturbables. La femme se trouve ligotée, les membres bloqués par la corde robuste et rigide qui l’emprisonne. Son compagnon se déplace agilement autour d’elle en mettant en place des nœuds de corde plus en plus sophistiqués. Une scène à la fois étrange et artistique qui représente le bondage. Plus loin, sur la piste de danse, des personnages vêtus de combinaisons en latex et d’accessoires tendancieux déambulent avec toute sorte d’objets de punition à la main. Martinets, fouets, cravaches… Certains ressemblent à de véritables super-héros. Entre eux, ils se donnent en spectacle devant les yeux émerveillés – rarement ébahis – de ces demoiselles participants à la soirée. Je reçois même un compliment de l’une des animatrices SM concernant ma robe en dentelles. « Très jolie robe, tu l’as mise pour l’occasion ? » me demande-t-elle avec un regard aguicheur. Un peu gênée, je la remercie de son compliment avant de me diriger vers le stand des accessoires de suspension, situé au fond de la salle. Camisoles, menottes, harnais… Il y en a pour tous les goûts et pour toutes les couleurs. Ces animateurs et animatrices sont en fait des adeptes du BDSM et sont venus faire des démonstrations en tant que bénévoles dans le but de faire découvrir « l’art de vivre du BDSM ». Au-delà de l’aspect spectacle et des mises en scène, il y avait vraiment la volonté d’informer et de faire comprendre les règles du BDSM, afin d’éviter toute déviance ou pratique dangereuse. Toutes ces jeunes demoiselles en quête de nouvelles sensations l’ont bien compris, du moins, je l’espère. Le respect des règles, avant tout.

Ma curiosité était ravie de savourer autant de nouveautés en un seul et même endroit. Organisée par Soft Paris, cette soirée peu conventionnelle nous a mis dans l’ambiance. Un échauffement avant le marathon final. Un amuse-bouche avant le plat principal à savoir, le film. Mais ce plat est-il assez goûteux et copieux ? Est-il difficile à digérer ou bien pourrions-nous nous en délecter sans fin ? Entourées d’une foule de demoiselles aux hormones en ébullition, nous voilà assises au milieu de la salle, mes copines et moi-même. Le plafond ressemble à un ciel étoilé, sombre avec plein de petits spots lumineux qui scintillent dans l’obscurité bleutée de la salle. Décidément, tout est fait pour atteindre le paroxysme de l’excitation. 21h, les étoiles s’estompent et la salle plonge dans le noir total alors que la foule féminine scande en chœur « Christian ! Christian ! Christian ! ». La concentration remontée à bloc, je me plonge dans le film en un rien de temps et j’en savoure chaque seconde, malgré les cris d’extase récurrents de ces demoiselles qui auront rythmés ces 125 minutes de drame érotique. Et vous qu’avez-vous pensé du film ?

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– Odelia –